Mode responsable : connaissez-vous le vêtement consigné ?

Par Mustapha Azzouz | Mis à jour le 28/01/2022 à 09:53
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Non, le concept de la consigne n’est pas définitivement enterré en France ! Il pourrait même, à terme, occuper le devant de la scène. Dans l’univers de la mode éthique, un nouveau mouvement est né : celui du vêtement consigné. Présentation de cette nouvelle tendance amenée à modifier vos habitudes de consommation… et à révolutionner votre dressing !

Le vêtement consigné, comment ça fonctionne ?

Elles répondent aux noms d’Hopaal, Thousand Fell, 1083, Panafrica ou encore Atelier Unes et sont spécialisées dans les vêtements en général, le jean ou les chaussures fabriqués à partir de matériaux recyclés. Françaises pour la plupart – hormis Thousand Fell, d’origine new-yorkaise –, ces marques ont toutes fait le pari d’aller jusqu’au bout de leurs convictions environnementales en distribuant des vêtements consignés.

Le principe est simple. Vous achetez un vêtement auprès de l’une de ces enseignes, moyennant un surcoût de quelques (dizaines d’) euros pour la consigne. Vous portez ensuite le vêtement puis, une fois usé, vous le renvoyez à l’enseigne. Les dépenses engagées pour la consigne vous sont alors remboursées.

Le vêtement, quant à lui, est réintroduit dans le circuit de confection, où il sera recyclé. On parle d’upcycling, ou surcyclage (recyclage par le haut). C’est l’occasion de passer d’une économie linéaire peu vertueuse à une économie 100 % circulaire, et donc, d’entrer dans le tout éthique !

Bon à savoir : la mode en quelques chiffres

Environ 30 kilos de vêtements sont jetés par an et par Français. Quelque 2,5 kilos seulement sont recyclés, soit un gaspillage vestimentaire de plus de… 91 % !

Autre chiffre très parlant : 100 milliards de pièces vestimentaires se vendent par an à travers le monde, soit près de 13 par personne. Conséquence ? Chaque année, l’industrie de la mode rejette pas moins de 1,2 milliard de tonnes de CO2. Le textile se positionne par ailleurs au 3e rang mondial en termes de consommation d’eau, derrière la culture du blé et du riz.

Les matériaux recyclés utilisés pour la confection de vêtements consignés peuvent par exemple provenir :

  • De bouteilles en plastique qui, transformées en billes polyester, sont à leur tour filées en une fibre de tissu ;
  • De nylon existant, broyé puis fondu en vue d’obtenir un nouveau fil.

Quels types de vêtements sont proposés à la consigne et pour quel prix ?

La consigne dans la mode n’en est qu’à ses débuts, mais les marques espèrent bien étendre le concept. Parmi les premières pièces – d’une possible longue série – à la fois issues d’un process de recyclage, recyclables et consignées, vous pouvez retrouver :

  • Un jean ajusté semi-slim signé 1083, affiché à 139 € (consigne de 20 € incluse) ;
  • Chez Hopaal (en collaboration avec 1083), la veste Infini, au prix de 205 € (consigne de 20 € comprise) ;
  • Chez Panafrica, une paire de sneakers au style urbain baptisées Urusha, à 135 € (consigne incluse, mais prix correspondant non indiqué) ;
  • Chez Atelier Unes, un collant à 23 € (consigne incluse, mais prix correspondant non communiqué).

Le coût des vêtements recyclés est plus élevé que celui des vêtements « classiques », même en enlevant la consigne qui vous est par la suite restituée. Car non seulement ces vêtements sont conçus de sorte à résister plus longtemps dans le temps, mais il faut aussi compter le coût de la main-d’œuvre à la fin de vie du vêtement engendré par le nouveau process de recyclage.

Des avancées majeures pour limiter le gaspillage vestimentaire

Comme le gaspillage alimentaire, le gaspillage énergétique ou encore l’utilisation du plastique à usage unique, le gaspillage vestimentaire est une véritable aberration écologique. Heureusement, les lignes commencent à bouger.

Depuis le 1er janvier 2022, conformément aux nouvelles mesures introduites dans la loi anti-gaspillage, les boutiques de mode ont interdiction de détruire leurs invendus par incinération. Cette pratique peu éthique était pourtant courante : 10 000 à 20 000 tonnes de textile partaient ainsi en fumée chaque année rien qu’en France. Désormais, les vêtements et autres chaussures invendus doivent être systématiquement réutilisés ou recyclés.

À noter : d’autres invendus non alimentaires concernés

Les professionnels ne peuvent plus non plus procéder à la destruction de produits électriques et électroniques, de meubles, de cartouches d’encre, de produits d’hygiène et de puériculture, d’équipements de cuisson et de conservation des aliments, de produits de loisirs et d’éveil, et enfin, de livres et fournitures scolaires.

Chaque seconde en France, l’équivalent d’une benne de vêtements est jeté. Sur une année, seuls 38 % des habits sont collectés ; 33,5 % d’entre eux sont transformés pour repartir dans le circuit de consommation et le restant est soit réutilisé, soit détruit. Grâce aux vêtements consignés, nous avons tous le pouvoir de changer les choses ! Espérons juste que d’ici quelques années, les marques pourront les rendre un peu plus abordables…

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