Faut-il se fier à l'indice de réparabilité sur les produits high tech ?

Par Fabienne Cornillon | Mis à jour le 30/03/2022 à 16:14
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Aujourd’hui, de plus en plus de consommateurs souhaitent faire un geste pour la planète. Cela se matérialise notamment par l’achat de produits d’occasion, mais aussi par le fait de réparer plutôt que de racheter. Pour aller dans ce sens et aider les acheteurs à faire leur choix, les fabricants de produits high-tech indiquent un indice de réparabilité. Mais cet indice est-il véritablement fiable ? Rien n’est moins sûr.

Indice de réparabilité : qu’est-ce que c’est ?

C’est en janvier 2021 que l’indice de réparabilité est entré en vigueur. Il a été mis en place afin d’aider les consommateurs à choisir des appareils high-tech qui puissent être réparés. Cela répond à deux besoins :

  • faire des économies en ne rachetant pas systématiquement des équipements neufs ;
  • préserver la planète en cessant la surproduction grâce à la réparation.

Sur 16 millions d’appareils de gros électroménager en panne, un tiers seulement est réparé. Il en va de même pour le high-tech. Si certains consommateurs ont pris l’habitude de remplacer de suite un appareil tombé en panne, d’autres souhaiteraient le faire réparer plutôt que de se lancer dans un nouvel achat.

Mais un problème se pose : les fabricants prennent parfois soin de fabriquer des produits qui ne sont pas toujours réparables pour inciter à l’achat.

L’indice de réparabilité permet de savoir, en théorie, si le produit peut être réparé. Cet indice concerne les produits suivants :

  • lave-linge ;
  • ordinateur portable ;
  • smartphone ;
  • téléviseur ;
  • lave-vaisselle ;
  • aspirateur ;
  • nettoyeur haute pression ;
  • tondeuse ;
  • etc.

Il concernera d’autres familles de produits en 2024 et deviendra l’indice de durabilité.

Comment fonctionne l’indice de réparabilité ?

Il s’appuie sur une grille standardisée prenant en compte 5 critères :

  • documentation ;
  • facilité de démontage ;
  • disponibilité des pièces détachées ;
  • prix des pièces détachées ;
  • un critère spécifique selon la famille à laquelle appartient le produit.

Tous les critères sont au même niveau dans le calcul de l’indice de réparabilité.

Quelle fiabilité pour l’indice de réparabilité ?

Comme beaucoup de mesures initialement intéressantes, cet indice ne va pas au bout de sa démarche.

Le premier problème qui se pose réside dans le mode de calcul. La documentation est au même rang que la disponibilité des pièces détachées qui devrait être un critère bien plus important. Comment réparer un produit si les pièces détachées ne sont pas mises à disposition des réparateurs ? Selon l’UFC-Que Choisir, l’indice de réparabilité d’un téléviseur est de 6,6/10. Or, la disponibilité des pièces est notée 3,1/10. Cela semble tout simplement incohérent.

Autre souci lié à l’indice de réparabilité : la possibilité de gagner des points sans aucune autre démarche que le respect de la loi. Aussi, pour les lave-linges, les fabricants doivent assurer la disponibilité des pièces détachées durant 10 ans. Cela leur permet d’augmenter leur note. Le lave-linge est-il pour autant facilement démontable ? Il est à parier que ce n’est pas systématiquement le cas selon la pièce à changer.

Enfin, on constate un manque de transparence de la part des vendeurs. Si l’indice de réparabilité est obligatoire pour les fabricants, les vendeurs ne jouent pas toujours le jeu de l’affichage. C’est notamment le cas sur internet. Et les vendeurs n’ont pas été inquiétés, les contrôles n’ont lieu que depuis le 1er janvier 2022, soit un an après la mise en place de cet indice.

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